Si ça dure, ça deviendra dramatique !

jocantaLe Président de la Fédération Française de Pétanque et de Jeu Provençal, Joseph Cantarelli a rencontré, il y a dix jours, Madame la Ministre des Sports pour lui faire part de son inquiétude. « Un entretien de bonne compréhension » qu’il espère voir aboutir sur un plan de reprise. Interview et reportage par Michael Perret du Republicain Lorrain...

Joseph Cantarelli, comme tous les présidents de Fédérations, vous devez compter les licences en moins !

« Sur 2020, comme notre licence est délivrée sur l’année civile, on a limité les dégâts, en accusant une baisse de seulement 8 %. Par contre, sur 2021, seuls 30 % ont repris une licence. En temps normal, on est une Fédération fière d’appuyer son budget de 5 millions d’euros à 75 % sur les licences et c’est compliqué. On a 2 millions d’euros de frais fixes… Pour le moment, c’est une situation difficile. Mais si elle dure trop, ça deviendra dramatique. »

C’est la raison de votre demande d’entretien avec Roxana Maracineanu, Ministre des Sports ?

« Oui, on a voulu lui faire part de nos difficultés. C’était un entretien de bonne compréhension et on va préparer, tout en préservant la santé de nos pratiquants, un plan de reprise progressif. On a bien conscience que tout ne reviendra pas à la normale facilement, mais on a bon espoir de proposer un plan définitif à la mi-mars. »

Sur un plan personnel, comment avez-vous traversé 2020 ?

« Ce n’est pas évident. C’était une année blanche, on a réussi à faire la Coupe de France mais derrière, c’est beaucoup de visioconférences, moins de contacts humains. Pour tous les sports, c’est du jamais vu. »
« Quelques clubs ont dû mettre la clé sous la porte »

Dans quel état vos clubs se trouvent-ils ?

« On a fait une enquête sur nos 6000 clubs. Quelques-uns ont dû mettre la clé sous la porte. Le nombre n’est pas très grand, mais c’est un indice inquiétant pour la suite. Pour la Fédération, financièrement, on a de quoi passer 2021 en essayant de voir comment réduire les dépenses au maximum. Mais si en 2022, c’est pareil, ça deviendra vraiment préoccupant. »

Ce n’est pas un mandat de tout repos pour vous…

« Bien sûr que c’est compliqué. En tant que président, on est en première ligne mais nos moyens d’action sont très faibles. La sévérité des décisions ministérielles est un facteur, mais qui peut être aggravé par une décision d’une mairie ou d’une préfecture. Ce qu’il nous faut, c’est de la force et du courage pour espérer retrouver au plus vite la convivialité, le bonheur de la compétition, tous ensemble. »
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